Les miracles de Jésus : la femme hémorroïsse

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Certains miracles opérés par Jésus ont pu passer presque inaperçus aux yeux de ses contemporains tant leur fugacité nous étonne encore des siècles plus tard. Tel est le cas de la guérison de la femme hémorroïsse relatée par les évangélistes Marc et Matthieu…

Nous possédons pour la guérison de la femme hémorroïsse – dont nous ne connaîtrons jamais le nom – deux témoignages, celui très concis de Matthieu (Mt 9, 20-22) et celui de Marc (Mc 5, 22) beaucoup plus détaillé et s’insérant dans un autre miracle, celui de la fille de Jaïre.

Matthieu ne retient quant à lui que l’essentiel en rapportant brièvement les faits, une femme souffrant d’hémorragies – depuis douze ans précise l’Évangéliste – mais possédant une foi intense vit Jésus, « s’approcha par-derrière et toucha la frange de son vêtement. Car elle se disait en elle-même : « Si je parviens seulement à toucher son vêtement, je serai sauvée. » » Cette scène fugace pourra surprendre car la confrontation des deux protagonistes n’est pas frontale mais bien à la dérobée sans qu’une demande expresse ne soit prononcée, Jésus entendant cette demande silencieuse et lui disant : « Confiance, ma fille ! Ta foi t’a sauvée. » 

La récit détaille de Marc

La malade fut sauvée « à l’heure même », précise l’évangile. Le témoignage de Marc est, pour sa part, quelque peu plus prolixe, précisant que la scène se situe au bord de la mer et que Jaïre, un des chefs de la synagogue, vint également implorer Jésus de venir sauver sa fille à l’agonie. C’est au cours de la route pour se rendre chez la jeune souffrante qu’une foule immense se rassembla pour le suivre au risque, précise l’évangile, de l’écraser. Par le récit de Marc nous apprenons aussi que parmi cette foule, la femme hémorroïsse avait suivi de nombreux traitements auprès de médecins et dépensé tous ses biens sans aucune amélioration « au contraire, son état avait plutôt empiré –… » ! Ayant appris la réputation de Jésus guérissant les malades, cette femme « vint par-derrière dans la foule et toucha son vêtement. Elle se disait en effet : « Si je parviens à toucher seulement son vêtement, je serai sauvée. » À l’instant, l’hémorragie s’arrêta, et elle ressentit dans son corps qu’elle était guérie de son mal ».

Le récit plus complet nous apprend aussi que Jésus avait ressenti qu’une force était sortie de lui et interrogea alors à voix haute: « Qui a touché mes vêtements ? ». Ses disciples qui s’impatientaient lui firent remarquer qu’il était impossible de lui répondre tant la foule était nombreuse, c’est alors que la femme apeurée reconnut son acte, ce qui lui valut cette parole déterminante et puissante de Jésus :

Ma fille, ta foi t’a sauvée. Va en paix et sois guérie de ton mal.

La foi guérissante

Le miracle de la femme hémorroïsse témoigne de cette foi qui sauve, non seulement du mal subi mais également de l’opprobre général en ces temps où une femme perdant du sang était jugée impure et mise à l’écart. Mais, Jésus n’apparaît ainsi guérisseur qu’à la condition que le ou la malade ait foi en lui ; « ta foi t’a sauvée », confie-t-il, en effet, à la femme. En cela, Jésus se distingue des nombreux thaumaturges (personne accomplissant des miracles) qui opéraient en son temps des guérisons spectaculaires. Avec Jésus, il n’est pas question de magie mais bien de foi, celle qui peut tout, tout autant « soulever des montagnes » (Mt 17, 19) que guérir…

Jésus n’a jamais cherché à mettre en avant ses miracles de guérison au risque d’être pris pour un faiseur de tours ou autre magicien et occulter par là même la vraie dimension divine de sa venue sur terre et le salut qu’il apporte à l’humanité. Les commentateurs de cette guérison – Augustin, Ambroise, Bède, etc. – ont vu dans les nombreux « médecins » que la femme avait consultés sans résultats une allégorie renvoyant aux nombreux philosophes dispensant des théories sans effet sur l’âme, seul Jésus pouvant dispenser la Parole de vérité. 

Le témoignage des catacombes

Nous possédons sur le plan artistique un émouvant témoignage de ce miracle opéré par Jésus, celui-ci se trouve dans les catacombes de Rome ; une fresque datant du IVe siècle, proche donc de l’époque du Christ. La scène brève et furtive à l’image de l’évangile oppose Jésus, habillé à la romaine en toge se retournant et d’un geste de main désignant la femme agenouillée humblement et touchant une frange de son vêtement. Point d’auréole ni d’anges mais une évocation directe, sobre et puissante des forces que la foi peut mettre en œuvre. On imagine sans peine ce que pouvait représenter une telle peinture murale au cœur de ces catacombes romaines à peine éclairées… Un lieu où étaient enterrés les premiers chrétiens avec ce message d’espérance dans la vie éternelle qui, au-delà des guérisons physiques, devait atteindre le cœur de tous chrétiens de cette époque tout autant qu’il peut encore nous toucher au XXIe siècle… 

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