Grâce au nucléaire, la France redevient le premier exportateur net d’électricité en Europe. Cela n’empêche pas le gouvernement d’augmenter le prix de 10%…

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La France a regagné sa place de championne européenne de l’exportation d’électricité, tandis que l’Allemagne est devenue importatrice nette d’électricité, selon le rapport d’une filiale du groupe Montel. Le rôle de la filière nucléaire a été décisif dans ce retournement de situation. Un signal positif pour la relance du nucléaire programmée par l’État français, mais le pari est loin d’être gagné d’avance.

Après être redevenue exportatrice nette d’électricité au début de cette année 2023, la France a repris sa place du plus grand exportateur net d’électricité en Europe en dépassant la Suède, selon EnAppSys. La bonne nouvelle provient d’un rapport décrivant les importations et exportations d’électricité des pays européens au cours du premier semestre de 2023. Au total, les exportations nettes de la France se sont élevées à 17,6 TWh pour les six premiers mois de l’année. La majeure partie de cette quantité l’électricité était acheminée vers la Grande-Bretagne (8 TWh) et l’Italie (9 TWh).

Ainsi, la page douloureuse de 2022 – qui a été « une année noire », selon les termes de l’AFP – est enfin tournée pour les filières d’électricité en France. L’an dernier, la France était devenue importatrice nette d’électricité pour la première fois en 42 ans, tandis que la production nucléaire d’EDF avait chuté à son plus bas niveau depuis 30 ans. Cette chute spectaculaire de la filière nucléaire a largement contribué au fait que l’énergéticien français avait fini l’année sur une perte de 17,9 milliards d’euros, à en croire Le Figaro.

Le rôle décisif du secteur nucléaire

La situation s’est fortement inversée aujourd’hui pour l’énergéticien français. Sur ses seize réacteurs les plus sensibles au problème de corrosion, onze ont été réparés, deux sont en cours de réparation, deux le seront d’ici la fin 2023 et le dernier le sera à l’occasion de sa visite décennale, a déclaré son PDG Luc Rémont, en novembre 2022, lors d’un échange avec des journalistes.

« L’augmentation des exportations en France par rapport à l’année précédente résulte d’une disponibilité accrue des actifs nucléaires du pays », souligne Jean-Paul Harreman, directeur d’EnAppSys BV. « Bien que cette disponibilité soit encore inférieure de 10 à 15% à la normale, la hausse de la capacité de 5 à 10 GW, comparée à l’année dernière, a contribué à faire basculer la balance énergétique française vers l’exportation. »

Selon l’expert, grâce au rebond du nucléaire, la France a pu réduire considérablement le coût de la production de l’électricité. Celle-ci a par la suite permis à l’électricité française de circuler de l’Hexagone vers ses voisins, notamment la Grande-Bretagne et l’Italie. En particulier, la péninsule « est restée le plus grand importateur net au cours des six premiers mois de 2023, s’approvisionnant de l’extérieur du pays jusqu’à la hauteur de 25,9 TWh, dont 9,9 TWh via la Suisse et 9,5 TWh via la France », d’après EnAppSys.

« Pendant ce temps, en Allemagne, la fermeture de centrales nucléaires a été la principale raison pour laquelle la balance énergétique s’est inversée vers l’importation », pointe Jean-Paul Harreman. Et d’ajouter : « Ces fermetures ont obligé l’Allemagne à s’approvisionner en électricité supplémentaire auprès d’autres pays pendant les périodes de faible production d’énergies renouvelables ».

Pari du nucléaire français pas encore gagné pour EDF, lourdement endetté

Contrairement à l’outre-Rhin, la production nucléaire de la France continue d’être « une pierre angulaire du marché européen de l’électricité », même si « elle tournait autour de 50% de sa capacité », selon BNN Bloomberg.

Pour sortir des énergies fossiles, aux côtés des énergies renouvelables, l’État français a mis tout son espoir sur la relance du nucléaire, mais « à marche forcée », d’après l’AFP. La ministre de la Transition énergétique Agnès Pannier-Runacher a en effet de nouveau insisté sur un objectif de 400 TWh en 2030 afin de « tenir les calendriers » de la relance du nucléaire tricolore, lors de sa visite du 24 juillet à la centrale du Bugey (Auvergne-Rhône-Alpes). Cette dernière a été choisie par le gouvernement pour accueillir deux futurs réacteurs nucléaires.

Selon ces calendriers fixés par le gouvernement, EDF devra procéder à la construction de 6 à 14 nouveaux réacteurs nucléaires de type EPR2 et la prolongation de la durée de vie des 56 réacteurs actuels, construits entre 1975 et 1995. Des véritables défis industriels pour lesquels il faudra « passer à un niveau d’investissements de l’ordre de 25 milliards d’euros par an à l’échelle du groupe EDF dont rapidement 80% seront concentrés sur la France », comme l’a déclaré le nouveau PDG Luc Rémont, auditionné par la commission parlementaire sur le financement du nouveau parc nucléaire.

Pour le dirigeant de l’énergéticien français, ce montant est « sans commune mesure avec ce que le groupe a pu connaître dans le passé ». Il a par ailleurs fait remarquer que « jamais dans l’histoire, le groupe EDF n’a eu à investir autant dans plusieurs domaines », et cela, avec d’immenses difficultés financières. « Nous commençons ce chemin escarpé vers davantage d’investissements pour l’électrification avec le sac à dos un peu lourd d’une dette de 65 milliards d’euros » en 2022, a ainsi reconnu Luc Rémont, le patron de l’énergéticien renationalisé à 100% depuis le 8 juin.

Dans ces conditions, il ne sera pas possible pour EDF d’assumer seul la charge des investissements attendus alors que le coût de la construction des six premiers nouveaux réacteurs est estimé à 51 milliards d’euros. Le ministre de l’Économie Bruno Le Maire, auditionné par la même commission parlementaire, a indiqué que les modalités de financement du nouveau parc nucléaire, qui dépendent aussi de décisions à venir de l’UE, devront être précisées d’ici fin 2024.

Epochtimes 

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