Brèves du colloque « Urgence climatique : un tournant décisif ? » à l’Académie des Sciences

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Par Guillaume de Rouville, notre envoyé (très spécial)

Choses vues et entendues lors du colloque organisé les 8 et 9 mars 2024 par l’Académie des Sciences et intitulé : « Urgence climatique : Un tournant décisif ? »[1].

1 – La transition énergétique n’aura pas lieu

Tout débuta bien avec ce premier intervenant, l’historien Jean-Baptiste Fressoz (CNRS)[2], venu démontrer, chiffres à l’appui, que la transition écologique était une illusion, si nous la comprenions comme la substitution de sources d’énergie par d’autres sources d’énergies. Ce que l’histoire nous montre, c’est que les nouvelles sources d’énergie viennent toujours s’accumuler au précédentes et non pas les remplacer[3].

Quelques trente ans plus tard et des centaines de milliards dépensés pour la transition énergétiques par les pays Occidentaux, et voilà que les énergies fossiles représentent toujours plus de 80% de la production d’énergie à l’échelle planétaire, une diminution à peine perceptible par rapport aux décennies précédentes.

Nous avons senti une certaine gêne parcourir la salle tout au long de cet exposé qui allait plutôt dans le sens des critiques des climato-réalistes à l’égard des solutions proposées par les tenants du réchauffement anthropique apocalyptique. Car si les solutions proposées sont douteuses (disparition à court terme des énergies fossiles au profit des énergies dites « renouvelables »), on pourrait légitimement penser que les prédicats sur lesquels ces solutions ont été bâties manquent peut-être de solidité scientifique.

Nous pourrions être tentés d’aller encore plus loin (Jean-Baptiste Fressoz ne s’est cependant pas aventuré sur ce terrain) et affirmer que ceux qui promeuvent cette transition énergétique sont les complices (volontaires ou mi-involontaires) d’une escroquerie à grande échelle qui enrichit une minorité sur le dos du plus grand nombre.

2 – Des modèles pour corriger le réel

Le second intervenant[4], Christophe Cassou (CNRS), scientifique de son état, nous a bien vite ramené sur le terrain préféré des climato-réchauffistes. Il a affirmé de manière très catégorique, dès le début de sa présentation, que « nous vivions une rupture par rapport aux changements climatique passés et que nous pouvions attribuer, non pas en partie, mais en totalité, le réchauffement climatique aux activités humaines ».

Exit donc les causes naturelles. L’homme, rien que l’homme et toujours l’homme.

Il s’est empressé d’ajouter que nous connaissions « un réchauffement sans précédent depuis au moins 2000 ans ». Il nous a ainsi refait le coup de son collègue climatologue Michael Mann (professeur à l’Université de Penn State) qui, vous vous en souvenez sans doute, avait réussi à faire disparaître miraculeusement l’Optimum romain et l’Optimum médiéval des annales du climat afin de pouvoir valider les conclusions alarmistes issues des modèles (défaillants) du GIEC.
Quand le passé ne convient pas, c’est simple, il suffit de l’effacer. En lui assénant un coup de crosse de hockey dans le derrière !

Plus intéressant encore, notre intervenant affirma, tout de go, qu’il était « impossible d’attribuer des changements observés à une cause spécifique à partir des seules observations. Et pour cela, on a besoin des modèles et de la modélisation ». Puis il ajouta sans trembler :  Ces modèles sont au cœur de ces techniques de détection et d’attribution ».

Enfin, toujours avec autant de certitude et de superbe, voire avec beaucoup d’enthousiasme, il porta l’estocade aux climato-réalistes que nous sommes en déclarant : « Les modèles c’est absolument génial, car on peut leur faire faire n’importe quoi. » « On peut faire plein d’expériences un peu bizarre ».

« Dont acte », aurions-nous pu crier avec une certaine délectation, mais nous sommes restés bien sages et polis[5], assis dans nos confortables fauteuils de la salle André et Liliane Bettencourt, pour pouvoir assister à la suite de ces monologues scientifiques si bien engagés.

En tout cas, l’aveu nous a semblé délicieux et sans ambiguïté.

On le voit bien, les modèles climatiques servent à corriger le réel (voire à le punir) et c’est cette correction que nous devons prendre pour la réalité. Grâce aux modèles, le « scientifique » peut enfin prendre ses désirs pour la réalité et transformer le « n’importe quoi » en vérité scientifique éternelle et indépassable.

Il va de soi, qu’à aucun moment notre « scientifique » des « profondeurs climatiques modélisées » n’a indiqué que les modèles ne parvenaient pas à rendre compte de l’influence des nuages, ni qu’ils surchauffaient tous (ou quasiment tous) sans exception. Mais qu’est-ce qu’un ou deux petits mensonges par omission sur la qualité des modèles informatiques quand on peut leur faire faire et dire « n’importe quoi » ?

En conclusion, l’éminent Christophe Cassou nous a annoncé que des mesures radicales devraient être prises. Nous n’en saurons pas plus hélas, mais nous pouvons deviner de quoi il retourne, tant les propos des amis du GIEC sont prévisibles comme la périodicité des éclipses de lune. Au bout des modèles du GIEC, il y toujours le contrôle des libertés individuelles et la misère pour tous comme remède à nos excès.

3 – Une nouvelle physique au secours du GIEC

Monsieur Robert Vautard (CNRS)[6] nous invita à découvrir les confins mystérieux de sa pensée scientifique à travers l’affirmation suivante :« Nous avons une incertitude énorme pour chaque modèle, mais quand on en fait la synthèse et que l’on prend en compte l’ensemble des incertitudes on arrive à des conclusions relativement robustes. »[7]

Les modèles, c’est comme la Nature, ils ont horreur du vide et produisent des miracles : avec eux, une addition d’incertitudes engendre des certitudes – sorte d’émanations spontanées des modèles climatiques. Inutile de souligner que, s’agissant des certitudes, notre auteur désignait la fatale et ténébreuse responsabilité de l’homme dans le réchauffement hors de contrôle de notre bonne planète.

Il passa ensuite au cœur de son exposé : les événements hors norme.

« Nous avons observé un grand nombre d’événements extrêmes hors norme depuis la publication de l’AR6. » Il prit alors l’exemple des vagues de chaleur en Colombie Britannique : « L’événement de 2021 sort complétement des statistiques. Lorsque l’événement s’est produit, les spécialistes se sont rencontrés. On a eu plusieurs visios, on ne comprenait pas ce qu’il se passait. On se demandait si cet événement pouvait être créé par une nouvelle physique. Par une physique qu’on n’aurait pas connue ».

Tout ça pour conclure, d’ailleurs, que l’événement hors norme de la Colombie Britannique ne résultait, au final, que d’une combinaison de facteurs… naturels ! Mais passons.

Nous sommes sortis de cette intervention avec deux idées-forces qui feront la gloire des scientifiques français pour les siècles à venir (s’il en reste – des siècles comme des scientifiques) : une addition d’incertitudes engendre des certitudes et une nouvelle physique est en train d’émerger pour rendre compte des effets de l’homme (hors norme) sur le climat (qui sans nous serait bien sage et tranquille).

Cette étonnante intervention a finalement assez bien résumé l’état de la science au sein du monde merveilleux du GIEC : plus on ignore, plus on sait et s’il l’on doit inventer de nouvelles lois de la physique pour étayer nos propos, qu’à cela ne tienne, ayons de l’imagination, les modèles viendront appuyer nos songes et nos rêves jusqu’à épuisement des subventions.

Nous avons pressenti, tout de même, que le Prix Nobel n’était pas loin !

4 – Au-dessus du volcan

Le plus remarquable de tout cet exposé[8] d’Anny Cazenave (membre de l’Académie des sciences) consacré aux événements extrêmes et points de bascule, fut sans doute son explication de la disparition progressive de la glace à l’Ouest du continent Antarctique.

L’intervenante est parvenue, de manière magistrale, il va sans dire, à ne jamais mentionner l’existence et l’influence des volcans dans cette région désolée du monde. Est-ce par ignorance ou omission commode ?

La réponse à cette question légitime ne se fit pas longtemps attendre. Madame Anny Cazenave avoua, tout benoitement, à la fin de son exposé, que le sujet qu’elle venait de traiter n’était pas sa spécialité, mais que son ami Jean Jouzel lui avait demandé de le traiter néanmoins.

Que peut-on refuser au bon génie de la science climatique française qui sait manier la carotte (de glace) et le bâton de son autorité naturelle ?

5 – Des événements irréversibles qui n’existent pas

Monsieur Gerhard Krinner (CNRS)[9] a commencé par indiquer qu’il ne se sentait pas très à l’aise avec la notion de point de bascule, concept  lui paraissant peu scientifique. Il ajouta que le « concept n’était pas toujours bien défini et qu’il n’était pas forcément très utile ».

Pour un colloque scientifique sur le sujet, c’était une belle affirmation de départ, faite en tous cas pour nous réjouir.

Il ajouta que la « représentation des changements irréversibles dans les modèles était problématique », notamment parce que « les processus en jeu sont mal représentés dans les modèles climatiques ».

Il avoua enfin que « de tels événements irréversibles, nous n’en avons pas vraiment vu récemment en tous cas. » On appréciera la précision du langage utilisé. Et enfin, pour finir, il enfonça la banderille dans le ventre mou du GIEC (sans doute sans s’en rendre compte) : « Cette représentation est difficile, voire impossible, puisque nous n’avons pas de précédent historique ».

En conclusion, nous avons vite compris que l’irréversibilité n’existait que dans les modèles les plus extrêmes et que, notamment en ce qui avait trait à la disparition définitive et irréversible des glaces de l’Antarctique, cela était « peu probable ».

À ce stade du colloque, nous étions déjà sur un petit nuage !

6 – Les rétroactions positives de la Nature

La dernière intervenante, Sandra Lavorel (CNRS)[10] a clos la matinée en révélant aux scientifiques ébahis que les changements climatiques n’étaient qu’un facteur mineur dans la disparition de la biodiversité (à peine 7% de la cause des disparitions des espèces).

Elle ajouta, à notre grand bonheur, que la Nature avait des ressorts naturels lui permettant de contrecarrer une partie significative des effets négatifs des changements climatiques.

Sur cette note positive, nous quittâmes la salle du colloque quelque peu rassuré sur l’état de notre planète, mais légèrement inquiet de l’état de notre science incapable de s’élever au-dessus des modélisations sombres et mortifères du GIEC.

Pour résumer cette matinée consacrée à la science climatique, voici en quelques phrases ce que nous y avons appris :

  1. La transition énergétique est un leurre.
  2. Les modèles en savent plus que la réalité et la transcendent.
  3. Trop d’incertitude engendre la certitude.
  4. Les événements extrêmes hors norme sont l’expression d’une nouvelle physique.
  5. On ne peut rien refuser à Jean Jouzel : son autorité naturelle nous transforme en savant même sur les sujets que nous ignorons.
  6. Pour que les volcans de l’Ouest de l’Antarctique disparaissent, ainsi que leurs effets, il suffit de ne pas les mentionner.
  7. Le cœur de certains scientifiques ne bascule manifestement pas pour les points de bascule.
  8. L’irréversibilité se fait attendre.
  9. L’influence négative du réchauffement climatique sur la biodiversité est mineure.
  10. Tous les points précédents devraient pouvoir nous amener à conclure avec une certaine assurance que l’urgence climatique n’existe donc que dans les modèles.

À ce stade, je n’ai pas jugé utile d’assister à la suite du colloque. L’après-midi étant destiné à traiter de sujets plus politiques que scientifiques, nous pouvions nous attendre à quelques débordements peu favorables à la science. Mon humeur du moment me commanda d’aller profiter du soleil parisien et de prendre un peu de temps pour méditer, en me promenant le long de la Seine jusqu’à Notre-Dame de Paris, sur les beautés et les mystères de la photosynthèse dont nos scientifiques semblent avoir oublié les mécanismes et les miracles indéfiniment renouvelés.


[1] Lieu : Institut de France. Comité Scientifique du Colloque présidé par Jean Jouzel.

[2] Intervention intitulée : « Trajectoire de nos sociétés ».

[3] Non pas tant parce qu’il s’agit à proprement parler de « nouvelles sources » d’énergie mais parce que des innovations techniques permettent de les exploiter à des coûts et à des échelles favorables à leur généralisation.

[4] Intervention intitulée : « Détection et attribution du réchauffement climatique ».

[5] Nous étions deux complices assis côte à côte, au second rang, afin de ne rien manquer de ce festival climatique.

[6] Intervention intitulée : « Les événements climatiques extrêmes dans un climat qui change rapidement ».

[7] A partir d’un exemple tiré des pluies de mai 2016 dans le Bassin parisien.

[8] Intervention intitulée : « Événements extrêmes et points de bascule : océans et glace »

[9] Intervention intitulée : « Événements extrêmes et points de bascule : surface continentale »

[10] Intervention intitulée : « Impacts des événements climatiques extrêmes et de leur combinaison aux autres facteurs du changement global sur les écosystèmes et conséquences pour les humains ».

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